collection étai

Le vide-poche incarne un lieu de transition entre le monde extérieur et notre sphère intime. En déposant nos objets personnels dans ce récipient, nous marquons symboliquement notre retour chez nous, la fin d’une journée d’activités extérieures et le début d’un moment de détente et de repos.

Cette console est une réinterprétation du vide poche, une fonction usuelle qui devient un meuble à part entière. Deux pierres de liais taillées lestent une structure aux assemblages légers sur laquelle repose une forme concave qui rappelle les rigoles fluides et accueillantes des paysages urbains.

Quatre coins de bois entrés en force dans la pierre font le lien entre deux savoir-faire, en carrière ce sont eux qui permettent de fendre les blocs, tandis qu’ils sont des éléments d’assemblages en ébénisterie.

console vide-poche

Comme sur un échafaudage suspendu, un bloc de bois massif s’élève pour étendre un miroir de métal poli.

La structure faite en pierre de lave ou en marbre flammé, est assemblée avec de faux tenons, lui donnant la résistance des pièces d’étaiement et l’élégance des assemblages invisibles de l’ébénisterie.

Ici, l’élément porteur devient l’élément porté. Dissociables, ils peuvent évoluer l’un à côté de l’autre. Le métal poli donne une teinte aux reflets.

miroir flamé

Une trame de pierres assemblée en “mi-bois” s’entrecroisent sur plusieurs niveaux. Stable et ancrée sur une table comme des fers à bétons, elle rehausse un plateau fabriqué en feuilles de placages montées en frisage d’une grande finesse.

Les bords relevés des plateaux permettent de percevoir la structure en pierre et le contraste des deux matériaux.

centre de table

Collection étai

Étrésillon, buton, étai. Ces éléments de secours faits de bois droits et rigides, sont dessinés par les architectes et disposés par des artisans pour soutenir une construction qui menace.

Ne tenant pas compte des codes esthétiques de l’architecture d’origine, les étrésillons offrent un tout autre aspect aux façades par leur malheureuse et nécessaire apparition.

La pierre et le bois se complètent. Leurs formes s’épousent pour se maintenir. Le bois raidi par ses assemblages soulage la pierre de ses pesanteurs. Ces pièces de charpente destinées à consolider des vides, dessinent de nouvelles lignes et créent des motifs. Les pièces d’étaiement temporaires habillent les façades et changent notre regard sur elles. Par leur rythme qui se répète d’une fenêtre à l’autre, nous en oublions leur fonction. Qui soutient qui ? Ces éléments de fortune ne sont pas envisagés comme permanents. Les intégrer au paysage architectural, pourrait-il en faire un organe esthétique pérenne ? Nous voyons du beau dans ces contreforts de secours qui prennent leurs rôles d’éléments structurels et décoratifs. Travailler sur la relation entre élément porteur et élément porté par le prisme du design, est pour nous une manière de jouer avec les normes et les codes de déontologie de l’architecture.

De composer avec des savoir-faire que l’on croise dans du mobilier et de l’objet. La série d’objets domestiques Porteur Porté est présentée dans une pièce dont les cloisons disparues laissent transparaître ce qui fut un appartement. Une entrée, une chambre, un salon, une cuisine et invite à la déambulation.

Projet réalisé dans le cadre de la Résidence “Pierre et Matière” du Fond de dotation Verrecchia 2023.

Crédit photo : Studio quiproquo / Alexandre Onimus / Océane Bazir

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